La route de Goethe en Champagne


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MASSIGES

Panneau n°16

un singulier phÉnomene

 

En route pour Paris - Le 19 septembre 1792, ordre fut donné de quitter Vaux-les-Mourons et de se diriger sur Massiges.

 

Chemin faisant, GOETHE replongea dans ses observations, en voyant les colonnes de soldats qui allaient à travers champs, vallées et pentes escarpées, et lorsqu’un rayon de soleil perça les nuages, en se reflétant sur toutes les armes, ils se présentèrent tel un flot étincelant d’armes.

 

GOETHE : « C’est ainsi que toute mon attention fut attirée par un curieux phénomène. Pour pouvoir faire avancer en avant plusieurs colonnes de front, on en avait mené une à travers champs par des collines unies, mais, lorsqu'il fallut redescendre dans la vallée, on avait trouvé une pente escarpée, elle fut aussitôt talutée du mieux qu'il fut possible, mais elle restait encore assez raide. A midi, un rayon de soleil parut et se refléta sur toutes les armes. J'étais sur une hauteur, et je vis passer dans tous son éclat cette rivières d'armes étincelantes ; mais ce fut un spectacle surprenant quand la colonne arriva à la pente escarpée où les rangs, jusqu'alors maintenus, se séparèrent par bonds, chaque soldat cherchant de son mieux à gagner la profondeur.  Ce désordre donnait parfaitement l'idée d'une cascade. Mille et mille baïonnettes, brillant pêle-mêle, produisaient le plus vif mouvement. Et lorsque, au pied de la colline, les rangs et les files se reformèrent et poursuivirent leur marche dans la vallée, comme ils étaient sur la colline, l'idée d'un fleuve se présentait toujours plus vive. Ce phénomène était d'autant pus agréable, que sa longue durée fut favorisée par le soleil don on sentait tout le prix dans ces heures incertaines, après une longue privation..."

 

Arrivée à Massiges, les soldats de tous les régiments s'étaient dispersés dans les villages voisins pour chercher de l'eau, du bois et des vivres. On tirait des fourgons les batteries de cuisine, on mettait les chevaux au piquet. Massiges et ses alentours offraient l'animation et le tumulte d'un camp.

 

C'est de Massiges jusqu'à Rouvroy-Ripont que s'étale le campement des troupes Prussiennes, un emplacement stratégique qui fera l'objet de nombreux assauts lors de la grand guerre 1914 - 1918. Les soldats de tous les régiments s'étaient dispersés dans les villages voisins pour chercher de l'eau, du bois et des vivres. On tirait des fourgons les batteries de cuisine, on mettait les chevaux au piquet. Massiges et ses alentours offraient l'animation et le tumulte d'un camp.

 

 

A visiter à proximité :

- L'écomusée de la main de Massiges 

- Les Tranchées de la main de Massiges

alarme !

Tout à coup, vers trois heures, l'armée reçoit l'ordre de marcher vers le sud. Le bruit courut que l’armée française se retirait à Sainte Menehould.  Le Roi de Prusse ne voulant pas laisser échapper cette armée donna l’ordre de repartir aussitôt, rapidement et sans bagage.

 

Les équipages demeurent en arrière ; bagages, chariots, cent cinquante chevaux fatigués ou malades, voitures des commandants et des chefs supérieurs de l'armée, service des ambulances, tout ce qui peut retarder la marche des Prussiens, reflue sur Maison-en-Champagne, constitué en parc d’équipages pour y attendre l’issue de la bataille.

 

A Maisons-de-Champagne, cette ferme isolée se transforme en un camp retranché ou Wagenburg c'est-à-dire une enceinte de voitures rangées les unes à côté des autres ; avec en défense, qu'une pièce de 3, deux canons de 6 et le bataillon des fusiliers de FORCADE.

 

GOETHE : « n’hésitant pas un instant sur ce que j’avais à faire, je laissais la garde de la voiture, du bagage et des chevaux à mon domestique, qui était résolu et soigneux, et montais aussitôt à cheval avec mes compagnons d’armes. »

 

 L'ordre est de suivre, en silence, la rivière de la Tourbe. Il était prescrit sévèrement de marcher dans le plus grand silence, comme si nous eussions voulu surprendre l'ennemi, qui, cependant, posté comme il était, ne pouvait guère ignorer l'approche d'une masse de cinquante mille hommes. La nuit vint, point de lune, pas une étoile, un vent furieux mugissait, le mouvement silencieux d'une si longue file d'hommes dans une obscurité profonde était une chose tout extraordinaire.

 

Nous marchâmes de la sorte jusqu'à Somme-Tourbe.

 


SOMME-TOURBE

Panneau n°18

un enterrement anticipÉ

 

 

 

En route pour Paris - Le duc de WEIMAR et ses officiers s'étaient établis derrière une éminence qui les garantissait du vent ; l'un d'eux proposa de creuser des fosses et d'y dormir ; c'était, selon le mot de GOETHE, un enterrement anticipé.

 

GOETHE avait traité le matin avec un chasseur qui devait lui prêter durant trois nuits consécutives, au prix d'un franc par nuit, une bonne couverture de laine ; il la réclama, la roula autour de son corps, et dormit avec autant de douceur qu'ULYSSE sous le manteau d'EUMÉE, dit-il.

 

GOETHE entra dans une maison et découvrit, au fond de la cave, quelques bouteilles de bon vin qu'il offrit à ses camarades. Il tomba d’abord sur un petit groupe d'émigrés particulièrement ingénieux. Sur un tas de cendres, bien à plat, ils avaient planté des œufs raflés en cours de route. Ceux-ci, côte à-côte, étaient retirés au fur et à mesure pour être mangés à la coque.

 

Un peu plus loin, dans une maison éloignée, il trouva des chasseurs de Weimar assis à l'intérieur se rassasiant. GOETHE se joignit à eux et pensa à se munir de bouteilles de vin pour en distribuer.

 

C'est ainsi que dans la nuit qui précéda le combat de Valmy

  

 

La Retraite : Au retour entre LAVAL-sur-TOURBE et WARGEMOULIN, le 30 septembre 1792 à la nuit tombée, le Roi de Prusse s'arrête un instant auprès d'un pont, il embrassa d'un coup d'oeil la situation, comme pour se recueillir, puis continua son chemin. Peu après ce fut au tour du Duc de BRUNSWICK, empruntant le même chemin, de faire une halte.

 

La veille d'une bataille

 

Sur l'ordre de Frédéric-Guillaume, les troupes campèrent, en s'échelonnant à peu près sur le chemin de grande communication qui mène de Suippes à Valmy et que longe la ligne actuelle du chemin de fer : l'avant-garde à Somme-Bionne, le gros de l'armée à Somme-Tourbe, le corps de KALKREUTH et la brigade du prince royal à Somme-Suippes.

 

Le Roi de Prusse, descendu dans l'unique auberge à Somme-Tourbe et le duc de BRUNSWICK y installa son quartier général devant la porte, sous tente, suffisamment vaste pour y mettre des tables et des feux. Cependant le duc logea au château de Hans, plus près des combats.

 

 

Le froid était très vif ; ils allumèrent d'énormes brasiers ; ils brûlèrent, pour se chauffer, des fermes entières, en promenant des brandons de paille dans les écuries et les granges. Ils coururent de tous côtés pour ramasser des vivres et parvinrent à ramener plus de cent cinquante bêtes de toute sorte.

 

Des officiers voulurent les rappeler au sentiment de la discipline et leur défendre le pillage et l'incendie.

 

Leurs efforts furent inutiles ; on était à la veille d'une bataille.

 


VALMY

Panneau n°19

La Bataille DE VALMY

20 septembre 1792 - GOETHE se retrouva en un point avancé nommé "La Lune" d'où il pouvait voir la chaussée de la route de Paris et sur la colline proche, le moulin de Valmy.

 

Emporté sans doute par son ardeur et oubliant les ordres de BRUNSWICK, GOETHE semblait mépriser le danger, il franchit la chaussée ; c'était, dit GOETHE qui chevauchait aux premiers rangs, une allée de beaux et grands peupliers.

 

Mais, tandis que les escadrons de WEIMAR, d'EBEN et de NORRMANN galopent ainsi dans la brume et, selon le mot du poète, dans le gris et l'inconnu, l'artillerie de VALENCE tire sur eux à toute volée. En se rapprochant avec ses quelques compagnons, ils se retrouvèrent sous une pluie de boulets, qui heureusement tombaient dans la boue, éclaboussant sans blesser personne près d'eux. La canonnade étant extrêmement violente il se souvint de «la fièvre du canon - bruit composé du bourdonnement de la toupie, du clapotage de l'eau et du sifflement de l'oiseau ".

 

Surprise, déconcertée, ne voyant pas au milieu du brouillard la hauteur de la Lune d'où part cette décharge inattendue, la cavalerie prussienne prend la fuite et regagne la route en toute hâte.

 

Le commencement de la journée n'était pas de bon augure.

 

Quand celle-ci s'arrêta, le silence qui suivit, les troupes revenant sur leur pas, donna l'étrange impression qu'il ne s’était rien passé, cependant la plus grande consternation se répandit aussitôt.

 

 

LA CAMPAGNE DE FRANCE

Après la victoire de l'armée révolutionnaire à Valmy et les accords de Hans, les troupes prussiennes sont autorisées à quitter le pays sous l'œil des soldats de la révolution.

 

Valmy et sa bataille éponyme, fut l'aboutissement d'une guerre contre la MONARCHIE, et pour la RÉPUBLIQUE, menée par le peuple français, spontanément dressé contre l'armée prussienne, l'envahisseur démystifié et, pour les valeurs de la République que défendait l'armée révolutionnaire.

 

Le Moulin  de  Valmy  symbole de la Liberté – telle la victoire de Samothrace. Plusieurs fois abattu mais toujours relevé.

 

La citation de Goethe sur la colonne de Kellermann "De ce jour et de ce lieu date une nouvelle ère de l'histoire du monde", annonciateur de la future construction de l'Europe et de la Victoire de la démocratie.

 

A visiter à proximité :

le centre historique VALMY 1792 et sa formidable maquette interactive de la Bataille de Valmy

- Le Moulin de Valmy

- Le monument de la victoire à la gloire de KELLERMANN (citation de Goethe à son pied).

 


HANS

Panneau n°20

GOETHE TÉMOIN DE L'HISTOIRE

 

 

GOETHE se contenta de bivouaquer avec les soldats dans les jardins du château* de HANS.

 

Durant ce court séjour à HANS, GOETHE constata que dans cette région la population était convenablement nourrie et travailleuse.

"On n'y trouvait ni vermine, ni auberge misérable, des maisons bâties en maçonnerie et couvertes de tuiles, où  régnait une activité suffisante pour vivre confortablement. Les enfants rencontrés se disaient heureux de leur vie et de leur nourriture".

 

HANS devient un village de Champagne inscrit dans l'Histoire.

 

A visiter à proximité : 

- L'église de Hans - L'église de HANS proche du Château est intéressante autant dans sa construction que pour les œuvres à l'intérieur, particulièrement une série de vitraux rappelant la bataille de Valmy et la 1ère guerre mondiale.

- La Bouquinerie de l'Argonne une bouquinerie extraordinaire avec près de 50.000 livres 

- Le Château est visible mais n'est pas ouvert au public

L'origine du château remonte au moyen-âge et a toujours appartenu à la même famille. Le salon qui nous concerne se situe dans une aile du château, très petit il ne peut recevoir du public et les propriétaires souhaitent garder l'anonymat .

 

L'ARMISTICE

Le 21 septembre 1792  au soir, le château de HANS sera le quartier général du roi de PRUSSE Frédéric Guillaume II et du Duc de Brunswick. 

 

C'est dans un petit salon du château de Hans situé au 1er étage, que fut signée l'armistice, en présence de DANTON – représentant l'État Français, le général DUMOURIEZ, général en chef de l'armée révolutionnaire et le  roi de Prusse Frédéric Guillaume II,  accompagné du Duc de BRUNSWICK, général en chef de l'armée prussienne.

 

Le 24 septembre, le mauvais temps ne cessait d’accompagner les prussiens, mais la nouvelle de l'armistice confortait les esprits, leur permettant à tous de souffrir et jeûner paisiblement…

 

Cette situation permit aux Français de parachever l’enveloppement des troupes du roi de Prusse et du Duc de BRUNSWICK.

 

 La capitulation du Roi de Prusse au Château de Hans, fut un moment décisif qui a marqué le cours des relations entre la France et la Prusse. 


FONTAINE-EN-DORMOIS

Panneau n°21

d'Étranges boulets

A partir du 30 septembre 1792, commença, avec le régiment de WEIMAR, une retraite fatale. 

Le 1er octobre, suivant le Duc de WEIMAR, vers minuit, dans l'ordre et le silence, la petite troupe se remit en marche en suivant la Tourbe. Aussitôt ROUVROY dépassé, l’armée prussienne traversait la Tourbe à Laval, puis la Dormoise à Rouvroy, et campait au village de FONTAINE.

Durant le temps passé en Champagne, GOETHE notera ;

 

« Comme on savait que je m’intéressais à toutes sortes de choses, on me présenta un boulet d’environ quatre livres… c’était une pyrite sulfureuse qui, se trouvant en liberté, avait dû prendre une forme sphérique »

 

« Cependant, je n’étais pas seul à m’intéressé aux minéraux de la contrée, la belle craie qu’on trouvait partout paraissait avoir quelques valeurs pour nos soldats… ils en avaient grand besoin pour blanchir et polir les pièces de leur équipement. »

 

La nuit tombée GŒTHE fut attiré par une odeur de cochon grillé, qui le fit sortir de sa tente et s'approcher d'un feu où grillait un bon morceau de porc. GOETHE fut admis dans ce petit cercle, accepta un excellent morceau et un autre morceau de saucisse à emporter quand il remonta en selle. Deux heures après minuit le camp fut levé.

  

Aussitôt ROUVROY dépassé, sur le matin, il y eût une halte et un campement provisoire installé à Fontaine pour prendre du repos. La nuit tombée GŒTHE fut attiré par une odeur de cochon grillé, qui le fit sortir de sa tente et s'approcher d'un feu où grillait un bon morceau de porc. Il fut admis dans ce petit cercle, accepta un excellent morceau et un autre morceau de saucisse à emporter quand il remonta en selle. 2 heures après minuit le camp fut levé. 

 

NE RIEN TENTER !

Sur l’ordre de DUMOURIEZ, KELLERMANN, dans les traces de l’armée Prussienne, fait campement à son tour à Fontaine et reçoit l’ordre de "ne rien tenter et de ne partir que lorsque que l’armée ennemie aura repassé les défilés".

 

L’ordre fut respecté comme l’écrira MINUTOLI* :

« heureusement, l’ennemi n’envoyait derrière nous que des patrouilles de cavalerie qui restaient toujours à grande distance »,

 

*Heinrich Menu von MINUTOLI , né le 12 mai 1772 à Genève et mort le 16 septembre 1846 à Berlin, est un lieutenant-général des armées du royaume de Prusse, un explorateur et un archéologue prussien d'origine genevoise.

 

A voir : Devant l'église de Fontaine. C'est dans le village de Fontaine-en-Dormois que repose Louis TIRLET, né le 14 mars 1771 à Moiremont, mort le 29 novembre 1841 à Fontaine en Dormois, Général et député Français de la Révolution et de l'Empire. Volontaire en 1791, il combat à Valmy le 20 septembre 1792, puis devient officier d'artillerie.

 

Notons que Raoul BURI, Seigneur de Fontaine (13ème siècle) a sa dalle funéraire de visible dans l’abbaye cistercienne de Lachalade (Meuse).


La route de Goethe en Ardennes


VAUX-LES-MOURON

Panneau n°15

GOETHE ADMIRATIF DES PAYSAGES

En route pour Paris - 18 septembre 1792 - Après l'abandon du défilé de Grandpré par les troupes révolutionnaires, les troupes prussiennes quittèrent LANDRES et campèrent à VAUX-LES-MOURON. Sur le parcours, des vignes dont le raisin n'arrivait pas à mûrir en raison de conditions météorologiques particulièrement désastreuses. 

 

Ils pénètrent en CHAMPAGNE, de "fâcheux renom" (dixit GOETHE), mais qui, pour lui, n'avait pas  si mauvaise apparence. Des villages, des vignes et des champs bien tenus, qui en temps ordinaire devaient être agréables, espérant pouvoir se reposer en arrivant vers REIMS et CHÂLONS.

 

Une des qualités principales de GŒTHE, son regard de poète et de peintre et son goût pour la nature, la sérénité.  C'est d'ailleurs ici qu'il fera une évocation de VAN  DE  MEULEN, peintre panoramique de LOUIS XIV pour lequel il avait de l'admiration. 

 

LA CHUTE DU DÉFILÉ

Le 12 septembre 1792, l’armée autrichienne prend possession du défilé de la Croix-aux-Bois prenant ainsi à revers Dumouriez.

 

DUMOURIEZ ne pouvant pas plus longtemps tenir le défilé de Grandpré, avait remonté l’Aisne. Ses arrières étaient assurés par le blocage du défilé de Les Islettes. Il s’était porté sur les hauteurs de Sainte-Menehould, en faisant face à la France.

 

Dans la journée du 18 septembre 1792, pendant que l'armée royale se porte de Landres à Vaux-les-Mouron ; KALKREUTH, de Longwé à Liry et à Marvaux ; CLERFAYT, de la Croix-aux-Bois à Vouziers et à Semide ; le corps des émigrés, du Chesne-Populeux à Sainte-Marie-à-Py et à Saint-Souplet, l'avant-garde de HOHENLOHE longe la rivière d'Aisne et s'établit sur ses deux bords, à la ferme de "la Chapelle" sur la rive gauche, au village de Servon et à la ferme "La Noue" de Beaumont, sur la rive droite. 

 


TERMES

Panneau n°22

La traversÉe du recueillement

 La retraite - 2 octobre 1792 

 

Quittant Fontaine, GOETHE : « A droite, à gauche, sur nos derrières, les français pouvaient nous attaquer ; nous étions, pour ainsi parler, sur le bord du plus grand péril, et la nuit, au lieu de dormir je pensais que si l’adversaire voulait nous surprendre, il n’échapperait ni un rayon de roue, ni un ossement humain ; chacun d’ailleurs voyait bien que, selon la stratégie, nous étions perdus si l’ennemi avait la moindre envie de nous inquiéter et de nous presser ; on finit cependant par se rassurer ; on crut qu’un accord s’était fait entre Dumouriez et le quartier général, et que les négociations s’étaient terminées heureusement en notre faveur ».

 

L’armée traversa l’Aisne ente Vaux les Mourons et Termes sur deux ponts de bateaux placés spécialement à cet effet. GOETHE  placé non loin, sur un endroit sablonneux et planté de saules, vit défiler le successivement l’infanterie, la cavalerie et l’artillerie.

 

GOETHE : « Les bataillons passaient muets et désespérés ; tous les visages étaient sombres ; les amis qui se rencontraient s’embrassaient en pleurant. Le Roi de Prusse et le Duc de Brunswick suivis leur état-major, fermait la marche ; tous deux s’arrêtèrent un instant à l’entrée du pont, comme s’il hésitait à faire le pas décisif et ne pouvaient se résoudre à quitter les plaines de Champagne. »

 

L’armée Prussienne s’installera à Termes et s’étalera au nord jusqu’au bois de la Sarthe

 

Au  long de leur marche le prince LOUIS tentait de soulager les malheureux malades et de les secourir quelque peu avec son camérier et son cuisinier.

 


GRANDPRÉ

Panneau n°23

GRANDPRÉ, UN THEÂTRE DE PESTE ET DE MORT

Les troupes du général DUMOURIEZ ferme totalement l'accès à Grandpré, défilé d'une importance stratégique majeur. DUMOURIEZ installera son poste de commandement au Château de Grandpré avant de le céder plus tard au Duc de Brunswick qui en fera à son tour son PC puis un hôpital après la défaite de Valmy.

 

En Route pour Paris - 3 septembre 1792 DUMOURIEZ était à Grandpré. Il établit son camp sur le plateau ou, comme il dit dans ses Mémoires, sur le grand amphithéâtre qui s'élève dans la presqu'île comprise entre l'Aire et l'Aisne et que couronnent les bois de Nègremont. L'Aire coulait sur le front du camp et l'Aisne en défendait les derrières. La droite de l'armée s'appuyait au plateau de Marcq et la gauche à Grandpré. La réserve était à mi-côte, à une faible distance de l'Aire, entre la ferme de Barbançon et le petit village de Chevières. Le parc d'artillerie fut installé derrière le camp, à Senuc, à l'extrémité des bois de Nègremont et de la presqu'île. Deux ponts de pierre sur l'Aisne, l'un près de Senuc, l'autre un peu plus bas, à Grandham, facilitaient, le cas échéant, la retraite de l'armée.

 

La retraite - Arrivée à GRANDPRÉ - 3 octobre 1792, sur un même fond, changement de décor – Le Château est transformé en hôpital avec des centaines de malheureux, dépourvus de tout, qu'on ne pouvait pas guérir, ni soulager. L'horreur de devoir passer et les abandonner, contraste saisissant avec le premier passage. Forte pluie empêchant d'avancer correctement, route de plus en plus impraticable. GRANDPRÉ se présentait comme "un théâtre de peste et de mort".

 

Celui-ci chagrin n'arriva pas le soir à réconforter son entourage, comme il aimait à le faire par ses badinages.

 

la trouÉe de grandprÉ

Le château de Grandpré fut le siège du quartier général de DUMOURIEZ puis du Roi de Prusse. Il appartenait à SÉNONVILLE, ami de DUMOURIEZ . Sa situation sur une hauteur, les deux grosses tours qui le flanquaient, ses larges fossés, ses nombreux communs, le vaste parc qui l'entourait, faisaient de cet édifice un des plus beaux et des plus imposants de l'Ardenne.

 

 Après avoir porté le corps de bataille sur la rive gauche de l'Aire, DUMOURIEZ plaça son avant-garde en demi-cercle depuis le coude que fait la rivière près de Saint-Juvin jusqu'au bois de Bourgogne. L'avant-garde s'étendait ainsi sur une ligne oblique que couvrait le ruisseau de l'Agron et qui passait par Saint-Juvin, Beffu et le Morthomme. Beffu formait le centre de la position ; le Morthomme, la gauche, et Saint-Juvin, la droite. Les troupes de Beffu et du Morthomme pouvaient se retirer par deux ponts sur le village de Chevières ; celles de Saint-Juvin, par deux autres ponts, sur la hauteur de Marcq. Le poste du Morthomme, à la lisière du bois de Bourgogne, dominait la plaine. Il devait être commandé par le créole MIRANDA.

 


LANDRES

Panneau n°13

ENTRE CIEL ET TERRE

En route pour Paris - 12 au 17 septembre 1792On espérait trouver au camp de Landres un peu de repos et de réconfort.

 

La situation de DUMOURIEZ  à  GRANDPRÉ  était forte et favorable  devant 2 cols importants  «La Croix-aux-Bois» et  «Le Chêne Populeux», considérés comme impraticables, ceux-ci se situant à l'entrée de la Forêt d' ARGONNE. Les  autrichiens tentèrent, en vain, de l'assaillir,  à la première attaque le jeune Prince De LIGNE  fut tué.

C'est là que le Général DUMOURIEZ compara ce défilé forestier au combat des THERMOPYLES (en 480av.jc.) que Jules CÉSAR  évoque dans sa "Guerre des Gaules".

 

L'armée Prussienne venant de Malancourt se déplace sous une pluie continue jusqu'à LANDRES pour y établir un campement. GŒTHE  s'y rendit à cheval avec quelques compagnons. Sans table, ni chaise, ni banc, ils mangèrent debout ou appuyés.

GOETHE, qui s'efforçait de garder sa sérénité, dicta quelques temps au secrétaire VOGEL des observations sur les couleurs, mais la pluie perçait la toile de sa tente et mouillait le papier, « Je possède encore ces papiers avec toutes les marques du mauvais temps … »

 

Il s'estima fort heureux de passer la nuit, comme à Praucourt et à Bras, dans la voiture du régiment de Weimar : « Nuit terrible, écrivait il plus tard en un passage de son récit qui révèle ses propres anxiétés et celles de ses compagnons, "…car nous étions entre ciel et terre, en face de l'ennemi qui pouvait à tout instant sortir de ses remparts de forêts et de montagnes ! »

 

Pluie et bourrasques incessantes rendirent ce camp bourbeux et insupportable. Plus tard il fut appelé "LE CAMP DE LA CROTTE".

 

La Forêt d'ARGONNE – THERMOPYLES - devenue une frontière naturelle par sa densité permettant d'être le refuge de brigands et seulement  des forestiers s'y aventuraient  car connaissant le terrain ! Arrêt stratégique nécessaire avant de s'aventurer

  

LE CAMP DE LA CROTTE

Comme toujours, les équipages avaient été retardés par le mauvais temps, par la boue, par la crainte des Français.

 

L'infanterie prussienne, harassée, dut attendre les équipages de sept heures du soir à minuit et subir une épouvantable averse. On fit des feux d'enfer ; on y jeta tout ce qu'on avait sous la main, les chaises, les bancs, les tables, jusqu'à la chaire de l'église de Landres. Mais ces brasiers, dit le mousquetaire de THADDEN, ne suffisaient pas à nous protéger contre le vent et la pluie. Enfin, au milieu de la nuit, les bagages arrivèrent. On dressa les tentes ; elles offrirent aux soldats le même abri misérable qu'à Praucourt. Les uns passèrent la nuit à les maintenir, pour qu'elles ne fussent pas emportées par l'orage ; les autres, manquant de paille et n'osant s'étendre sur la terre boueuse, s'assirent sur leurs sacs ou leurs gibernes.

 

"Le diable soit de cette guerre", s'écriait-on ; "pourquoi nous sommes-nous mêlés à des querelles qui ne nous regardaient pas ; la révolution est l'œuvre de Dieu, les patriotes font sa volonté et les émigrés ne sont que des coquins !"

 

Au lendemain de cette nuit affreuse (13 septembre), les soldats sortirent de leurs tentes comme les truies de leurs étables et vraiment, dit LAUKHARD, ils étaient aussi sales que ces animaux, lorsque la porcherie n'a pas été nettoyée pendant six semaines.

 

L'armée entière nomma ce camp qui n'était qu'un cloaque, le « Drecklager » ou le camp de la Crotte

 


BUZANCY

Panneau n°23

Campement militaire prussien

La Retraite - 4 au 5 octobre 1792 - Le gros des troupes Prussiennes arrive à Buzancy et le campement s'étale sur les hauteurs de Buzancy jusqu'à Sivry-lès-Buzancy. 

Pour franchir la Meuse, une grande partie des troupes plongera vers DUN-sur-Meuse et l'autre plus au Sud en direction de Consenvoye puis Verdun, ce sera le chemin de GOETHE.

 

A voir : Le musée du Cheval dans les anciens communs, bâtiment du XVIIIème du château d'Augeard 

 


SIVRY-LÉS-BUZANCY

Panneau n°24

Le Pot au feu de goethe

La retraite - Pour nous, il fut décidé de se reposer à Sivry-lès-Buzancy.

Après tant de souffrances, nous trouvâmes délicieuse la vie domestique, et nous pûmes encore observer, pour nous amuser et nous distraire, le caractère homérique et pastoral des maisons champêtres de France.

 

Avec un petit groupe, GŒTHE s'avança vers une maison campagnarde. Traversant l'usoir ils furent reçus par une famille accueillante dont l'intérieur, qu'il décrit minutieusement, laissait pressentir un certain confort. Il lui fut proposé comme siège, le coffre à sel – place privilégiée offerte aux hôtes de marque – près de la cheminée. C'est de là que notre écrivain assista avec beaucoup d'attention, à la confection "Du Pot-au-Feu" – plat reconnu comme plat traditionnel français, ainsi que sa façon d'être servi, très protocolaire. Invités à la table ils se rassasièrent agréablement et copieusement. GOETHE interrogea ces gens sur leur situation essayant de les rassurer sur le retour des soldats, ceux-ci craignant d'être ruinés. Il leur donna quelques conseils pour la conduite à tenir avec les "trainards"... 

 

« Après avoir salué les hôtes, on eût plaisir à se diriger vers ce foyer où il était visible que chacun avait une place fixée par une hiérarchie immuable. Près du feu, à droite, il y avait un petit bahut haut et à couvercle, qui servait aussi de siège. Il contenait le sel qui, achetez en gros, devait être conservé dans un lieu sec. C'était la place d'honneur, celle qu'on offrait aussitôt à l'hôte le plus marquant. Les autres arrivants s'asseyaient avec les gens de la maison sur les sièges en bois. C'est ici que je pus pour la première fois observer exactement en quoi consistait le fameux pot-au-feu national. Une grande marmite en fer était suspendue au-dessus du feu à un crochet que, au moyen d'une crémaillère, on pouvait mettre plus ou moins haut. Dans la marmite il y avait déjà un bon morceau de bœuf avec de l'eau et du sel, mais on y ajouta des navets et des carottes, des poireaux, du chou et autres légumes… »

 

« Tandis que nous nous entretenions amicalement avec ces braves gens, je remarquais alors seulement l'ingénieuse disposition du dressoir, de l'évier, des planches ou étaient rangées les pots et les assiettes. Tous les ustensiles étaient propres et rangés par rang de taille. Une servante ou une sœur du village, et on les mit dans le pot. On versa dessus le bouillon brûlant et on nous souhaita bon appétit… Après quoi, on nous servit les légumes de la soupe, et la viande, cuits à point en même temps. Et tout le monde aurait pu se contenter de cette simple cuisine ».

 

L'orage et la pluie redoublaient de violence empêchant de reprendre la route. Ils restèrent au chaud, près de la cheminée, GŒTHE continuant d'observer le déroulement de la vie quotidienne dans cette demeure. Il y remarqua des scènes de famille chaleureuse et de bonne tenue, particulièrement les jeunes enfants.

 

Une retraite sÉcurisÉe

 

DUMOURIEZ est résolu à demeurer inactif et de laisser aux Prussiens les portes de l’Argonne toutes grandes ouvertes. Il fit dire aux prussiens que l’armée pouvait se retirer paisiblement.

 

L’arrière garde prussienne quitte Termes à minuit et traverse Grandpré à deux heures du matin le 5 octobre 1792.

 

En allant vers Buzancy, les soldats y trouvèrent des potagers où de beaux légumes poussaient en abondance. GŒTHE fut contrarié de les voir piétiner par les hommes, alors que ceux-ci pouvaient les nourrir. Il rappela aussi la particularité de la construction en retrait, montrant en façade des espaces de verdure, empêchant de rentrer directement dans les maisons. Ces espaces qui existent toujours dans les campagnes argonnaise et lorraine, s'appellent des "USOIRS", on y mettait aussi du fumier ou des instruments aratoires.

 

A proximité : A 4 km de Sivry-lès-Buzancy, le Château de Bayonville - Monument historique classé - Périodes de construction :

2e moitié XVIe siècle, Les bâtiments qui entourent le château sont tous plus récents : le pavillon du régisseur porte le millésime 1773

- Propriété privée


IMÉCOURT

Panneau n°14

GOETHE LE MÉDIATEUR

 

En route pour Paris - 13 septembre 1792 - Installé à Landres, des coups de feux retentir en provenance d'Imécourt. Une petite troupe s'empressa de se rendre sur place et GOETHE insista pour rejoindre ce groupe de reconnaissance.

 

Proche du village d'IMÉCOURT une rencontre avec des chasseurs tirant des balles vers nous, entraîna le Prince LOUIS-FERDINAND à s'aventurer imprudemment n'écoutant pas son officier, et ce fut GŒTHE qui servit de médiateur et ramena le calme en faisant faire demi-tour au prince. «On voit par là qu'un médiateur est partout bienvenu» dira l'écrivain.

 

GOETHE était en discussion avec le major Von WEYRACH lorsque survint le prince Louis-Ferdinand (1772-1806), neveu de Frédéric II, avec une faible escorte. Les Français ne tardèrent pas à se manifester à IMÉCOURT et il fut recommandé au prince d’opérer un demi-tour pour éviter d'aggraver la situation. C'est à Goethe que revint la tâche de faire entendre raison à Louis-Ferdinand, en empêchant de l'exposer imprudemment et inutilement.

 

« On vient de me faire à l'instant l'honneur de croire que j'ai quelques crédits auprès de votre Altesse, C'est pourquoi je vous prie de m'écouter et favorablement »

 

Ce dernier se rendit compte de la situation et fut assez compréhensif sans que notre écrivain n'ait besoin de trop expliquer.

 

 

PREMIER CONTACT

 

Le 12 septembre 1792, près de Briquenay, au Morthomme, la jonction des armées Autrichiennes et Prussiennes est perturbée par MIRANDA qui détruit l’artillerie prussiennes avec son infanterie.

 

Le 13 septembre 1792 – GOETHE se rendit au Quartier Général pour savoir ce que signifiait la canonnade qu'ils entendaient. Celle-ci venait de bien au-delà de Grandpré et c'était le général CLAIRFAYT*, arrivé des Pays-Bas, aux prises avec les Français. A la première attaque contre CHAZOT, le jeune Prince Charles DE LIGNE fut tué.

 

 

Le 14 septembre 1792, le défilé de la Croix-au-Bois est remporté par CLAIRFAYT après de violents combats.

 

*Le général Clairfayt (1733-1798) était né dans le Hainaut, région dominée à l'époque par les Autrichiens. Ce dernier était donc autrichien. Il commandait en 1792 un Corps d'Armée qui coopérait avec les prussiens. Après avoir participé au siège de Longwy, laissant les prussiens pousser vers le sud-ouest, il avait marché droit à l'ouest près de Stenay et la Croix-aux-Bois, menaçant le flanc gauche de l'armée française.

 

 


SAINTE MENEHOULD

Panneau n°19

le jardin de GOETHE

Si GOETHE n'a jamais mit les pieds dans cette ville, c'est pourtant ici que nous avons choisi d'y installé Le Jardin de Goethe dans cette charmante "Petite Folie" du XVIIIᵉ siècle, ce jardin rend hommage au célèbre poète, penseur et passionné de botanique : Johann Wolfgang von GOETHE. Mêlant science et poésie, GOETHE voyait dans les plantes une clé pour comprendre le monde vivant, la nature étant pour lui une œuvre d’art en constante métamorphose.

Au fil de ses écrits — notamment dans sa Métamorphose des plantes — GOETHE explore l'idée que toutes les formes végétales procèdent d’un principe unique : la feuille.

 

Quelques plantes choisies, avec description en allemand :

  • Digitalis purpurea (Fingerhut) Diese Pflanze mit ihren glockenförmigen, purpurfarbenen Blüten war für Goethe ein Symbol geheimnisvoller Naturkräfte.
  • Salvia officinalis (Salbei) Bekannt für ihre Heilkräfte, steht diese Pflanze im Einklang mit Goethes Interesse an der Verbindung zwischen Mensch und Pflanze.
  • Ginkgo biloba (Ginkgobaum) Der "zweilappige" Ginkgo wurde von Goethe verewigt. In seinem Gedicht „Gingo biloba“ symbolisiert er Einheit und Dualität.

Un lieu pour flâner et contempler Dans cet écrin végétal, le visiteur est invité à retrouver l’esprit du grand humaniste allemand — sa curiosité scientifique, son sens de la beauté naturelle et sa quête d’harmonie entre l’homme et la nature.

SAINTE MENEHOULD ET LA RÉVOLUTION

 

Nichée au cœur de l'Argonne, la ville de Sainte-Menehould fut un témoin clé des bouleversements de la Révolution française. C’est dans cette ville, en juin 1791, que le roi Louis XVI, en fuite vers Montmédy, fut reconnu par le maître de poste Jean-Baptiste DROUET, déclenchant ainsi l’arrestation du souverain à Varennes. Cet épisode marquant scelle la rupture entre le roi et son peuple.

 

Après le grand incendie de 1730, Sainte-Menehould fut reconstruite dans un style architectural typique du XVIIIᵉ siècle, avec ses façades harmonieuses, ses places ouvertes et ses bâtiments publics élégants, donnant à la ville son caractère actuel.

 

 A visiter le Musée d’art et d’histoire de la Ville de Ste Menehould situé dans l’Hôtel de la Subdélégation de Champagne, bâti en 1726, le musée présente de nombreux objets évoquant l’histoire tumultueuse de la ville et de ses environs mais aussi la légendaire douceur de vivre du XVIIIe siècle, époque essentielle de l’histoire de France. 

Dans le hall, le personnel de l'office de tourisme vous accueillera pour rendre votre séjour le plus agréable que possible dans cette "Petite cité de caractère".